Une maladie qui s'est féminisée

Une maladie qui s'est féminisée

 

Pourquoi les femmes fument ?

 

Aujourd'hui les femmes et la cigarette

 

Hommes et femmes pas égaux face au tabagisme

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Les femmes sont plus susceptibles d’être dépendantes de la nicotine. Les hommes ont plus de chances de s’en défaire.

Fumer a longtemps été le "privilège" des hommes. Le cancer du poumon est donc plus fréquent chez les hommes, mais les femmes rattrapent leur retard. Cela est dû à la forte augmentation de la consommation de tabac chez les femmes il y a quelques décennies. Les campagnes menées de longue date par les fabricants de tabac ont porté leurs fruits. Dans ces campagnes destinées aux femmes, fumer était présenté comme un acte de liberté et d’émancipation. Malheureusement, c’est le contraire qui se produit. Fumer vous fait perdre votre liberté parce que vous devenez dépendant et accro à cette cigarette.

Raisons de fumer et marketing

Une des principales différences entre les femmes et les hommes en matière de tabagisme est la rapidité de la dépendance. Le corps d’une femme décompose la nicotine plus rapidement. Les filles de 16 ans deviennent dépendantes après à peine 3 mois alors que les garçons du même âge mettent environ 6 mois. En outre, les filles fument pour des raisons différentes de celles des garçons. Une faible estime de soi, une humeur dépressive ou une vulnérabilité émotionnelle sont des facteurs qui incitent les femmes à se tourner plus rapidement vers la nicotine. Nous savons que la pandémie de coronavirus a eu un effet négatif sur la santé mentale, entraînant une augmentation du stress, de l’anxiété et de la dépression. Et à l’heure actuelle, nos jeunes sont approchés sur les médias sociaux par des influenceurs vantant les mérites des nouveaux produits à base de nicotine : pour éprouver des sensations positives plutôt que des sentiments négatifs. Encore une stratégie marketing bien pensée des fabricants de tabac qui, en plus des cigarettes classiques, lancent de nombreux nouveaux produits à base de nicotine qui créent une dépendance.

Impacts physiologiques propres

Pour revenir au tabagisme classique. Une deuxième différence entre les hommes et les femmes est que ce dernier groupe devient non seulement dépendant plus rapidement, mais est également plus durement touché par les effets néfastes du tabagisme. Les hommes comme les femmes risquent des cancers, des maladies cardiaques ou des maladies pulmonaires lorsqu’ils fument. Dans le cas des femmes, s’y ajoutent des risques spécifiques tels que le cancer du sein ou du col de l’utérus, mais aussi une perturbation du cycle menstruel, des risques pour le fœtus pendant la grossesse et un impact sur la ménopause. L’association du tabac et des contraceptifs augmente également le risque de maladies cardiovasculaires.

Aides au sevrage et grossesse

Une troisième différence entre les femmes et les hommes est la capacité à arrêter de fumer. On sait généralement que la plupart des médicaments ont été bien testés chez les hommes et moins bien chez les femmes. Cela place les femmes dans une situation de premier désavantage lorsqu’il s’agit d’utiliser des médicaments de désaccoutumance au tabac. En outre, ces aides au sevrage tabagique sont moins susceptibles d’être recommandées pendant la grossesse. Cependant, le métabolisme de la nicotine augmente pendant la grossesse, ce qui signifie que les symptômes de sevrage peuvent être plus intenses et l’envie de fumer plus forte. Le message de la Fondation contre le cancer aux femmes est donc le suivant : ne commencez pas à fumer ou arrêtez le plus tôt possible, surtout avant de tomber enceinte. Enfin, plusieurs études suggèrent que les femmes réussissent moins bien que les hommes à arrêter de fumer. La peur de prendre du poids pourrait jouer un rôle dans ce domaine.

Inégalités économiques

Une quatrième différence entre les femmes et les hommes est la différence de salaire. Si vous payez le même montant pour un paquet de cigarettes avec un salaire inférieur, la dépendance au tabac pèse davantage sur votre budget. En ce sens, le tabagisme accroît encore l’inégalité économique entre les femmes et les hommes. Un salaire égal pour un travail égal donnerait aux femmes plus d’opportunités dans la vie. Mais les conseils en matière de prévention du tabagisme et de sevrage tabagique adaptés à chaque sexe peuvent également aider les femmes sur le plan financier !

Dans le monde, il y a 942 millions d'hommes et 175 millions de femmes qui fument. En 2018, 19 % des femmes en Europe fumaient, alors que le chiffre à l'échelle du monde était de 9 %. Selon la Banque mondiale, la prévalence du tabagisme chez les femmes est de 16,1 % dans les pays riches, contre 2 % dans les pays pauvres.

La BPCO plus dure envers les femmes

 
La BPCO plus dure envers les femmes

 

Lorsque l’on pense Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive, l’image stéréotypée est celle de l’homme âgé, ancien fumeur. Or, les femmes sont tout aussi touchées. Sauf que chez elles, la maladie est souvent plus insidieuse et aussi plus grave.

Selon Santé Publique France la surmortalité féminine liée à la BPCO augmente chaque année de 1,7% alors qu’elle est stable chez l’homme depuis les années 70.

Ce rôle du tabac dans la BPCO vaut pour l’homme comme pour la femme à la différence que celle-ci est encore plus vulnérable : à tabagisme égal, la BPCO sera plus sévère chez elle vis-à-vis de la fonction respiratoire (« VEMS » ou « Volume expiratoire maximal par seconde » plus bas) avec aussi une destruction plus importante du parenchyme pulmonaire, (partie intime du poumon composée des bronchioles respiratoires, des conduits alvéolaires et des alvéoles).

Le sous-diagnostic est persistant chez les femmes. Il ne faut pas se fier à l’âge, avec les années la maladie frappe plus tôt. Il est devenu courant de découvrir des BPCO chez des femmes entre 35 et 40 ans et souvent bien avant 60 ans.

Un problème de taille existe parmi les femmes qui ressentent des symptômes liés à la maladie, à savoir l’analyse des symptômes « essoufflement » et « fatigue ».

Les femmes à risque de BPCO sont des femmes jeunes, qui ont commencé à fumer assez précocement et qui, la plupart du temps ressentent un essoufflement. Or, ces femmes BPCO ne pensent pas à consulter car elles se disent uniquement « fatiguées » et non pas « essoufflées ».

Comme aucune anémie n’est mise en évidence, la fatigue est alors mise sur le compte d’une anxiété ou une dépression.

 

Le chemin est encore long pour que la BPCO notament auprès des femmes soit diagnostiquée, aussi la sensibilisation du grand public est primordiale.

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