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Le diagnostic de la BPCO

 
 

Un mal sous diagnostiqué

Un mal sous diagnostiqué

Pourquoi le généraliste passe à côté du diagnostic ?

Dans 2 cas de BPCO sur 3, le diagnostic intervient trop tardivement, à un stade où les patients sont déjà handicapés par leur essoufflement et finissent par avoir besoin d’une assistance respiratoire.

 

Publiée dans la revue spécialisée Lancet Respiratory Medicine, une étude menée sur près de 39000 malades montre que plus de 85% des opportunités de diagnostiquer la BPCO plus tôt ont été manquées par leur médecin généraliste dans les 5 ans précédents le diagnostic effectif.

D’après le Dr Roger Escamilla, pneumologue au CHU de Toulouse : « Il s’agit de situations très courantes en médecine générale : un patient fumeur qui vient pour une bronchite et on ne va pas plus loin, voire un patient à qui on prescrit un cliché thoracique sans rechercher une BPCO. »

La base de données britannique contenait des diagnostics de BPCO réalisés entre 1990 et 2009, les auteurs ont donc pu observer les occasions manquées sur de plus longues périodes. Au moins une opportunité de dépistage a été manquée chez 58% des patients dans les 6 à 10 ans avant le diagnostic effectif et chez 42% dans les 11 à 15 ans précédents.

Moins d'occasions manquées chez les patients chroniques

L’étude montre toutefois que les opportunités de dépistage ont été moins ratées chez les patients présentant des comorbidités, c'est-à-dire d’autres pathologies associées comme un diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires ou un reflux gastro-oesophagien.

Ce résultat laisse penser que ces patients présentant un tableau plus complexe avec plusieurs pathologies sont suivis plus régulièrement par leur généraliste et celui-ci pense davantage à dépister la BPCO. « C’est une notion nouvelle, intéressante et encourageante qu’apporte cette étude car ces patients avec comorbidités souffrent souvent d’une forme plus sévère de BPCO donc il est d’autant plus crucial de la diagnostiquer tôt », souligne le Dr Escamilla.

La BPCO, une maladie qui ne fait pas assez peur

« Le problème de la BPCO, c’est que tant que les symptômes ne se sont pas déclarés, elle ne fait pas assez peur, ni aux patients, ni à leurs généralistes. Tout le monde s’inquiète des facteurs de risque cardiovasculaire mais pas respiratoire. Les patients voient les 2 extrémités, le patient fumeur qui tousse et dit qu’il devrait arrêter la cigarette et le patient BPCO sévère qui respire sous oxygène. Ce qui se passe entre les deux étapes ne semble inquiéter personne ! », regrette Roger Escamilla.

 Le spiromètre, outil de dépistage peu généralisé

Le dépistage précoce de la BPCO, avant que les premiers symptômes ne viennent handicaper le patient, passe par la mesure du souffle, grâce à un outil appelé spiromètre. Mais les médecins généralistes en sont peu équipés et n’ont pas forcément le temps ni la formation pour pratiquer et interpréter ce type d’examen, la spirométrie est donc peu employée en dehors des cabinets des pneumologues.

« Mais même si la mesure du souffle reste indispensable pour poser un diagnostic de BPCO, le médecin généraliste peut s’appuyer sur d’autres indices pour suspecter une obstruction bronchique : des plaintes concernant la qualité de vie, l’essoufflement et l’exacerbation des bronchites », explique le spécialiste. La confirmation pourra alors venir d’une mesure du souffle par spirométrie chez un pneumologue.

 
 
 
 

Reconnaître la BPCO

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Plusieurs examens permettent de poser le diagnostic de la BPCO

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Le test diagnostique par le médecin

​Le médecin interroge le patient, l'examine et lui fait passer un ou plusieurs tests diagnostiques.

​Le médecin évalue la gravité de la BPCO en interrogeant son patient sur les conditions de survenue de son essoufflement :

- Stade 0 : essoufflement pour des efforts soutenus (2 étages)

- Stade 1 : essoufflement lors de la marche rapide ou en pente

- Stade 2 : essoufflement à la marche sur terrain plat ou en suivant quelqu’un de son âge

- Stade 3 : essoufflement obligeant à s’arrêter pour reprendre son souffle après quelques minutes ou une centaine de mètres sur terrain plat

- Stade 4 : essoufflement au moindre effort

 

La spirométrie

​La spirométrie est un test diagnostique courant. Le patient doit souffler le plus fort et le plus longtemps possible dans un tube relié à un appareil. Cet appareil mesure combien de temps met le patient pour expirer tout l’air de ses poumons.

​Plus les voies aériennes sont étroites, plus il faut du temps pour expirer l’air et plus le volume d’air expiré par seconde est faible.

 

Ce test de la BPCO est la méthode la plus fiable pour détecter la maladie.

La spirométrie permet de classer les BPCO selon leur sévérité en 4 stades en fonction du résultat :

​- Stade I : léger VEMS supérieur ou égale à 80 %

- Stade II : modéré VEMS comprise entre 50 et 80 %

- Stade III : sévère VEMS comprise entre 30 et 50 %

- Stade IV : très sévère VEMS inférieur à 30 %

La spirométrie est complétée par d’autres examens complémentaires

 La radiographie pulmonaire

 Recherche de lésions.

​Les examens sanguins qui permettent à partir d'un prélèvement de sang dans une artère, de mesurer le taux sanguin d'oxygène et de dioxyde de carbone.

 

Pourquoi et comment mesurer son souffle ?