BPCO, il n'y a pas que le tabac I Association Josiane Salone, tous unis contre la BPCO_edi

BPCO, il n'y a pas que le tabac

 
 

Pesticides et BPCO

Pesticides et BPCO

Dans une mise à jour des connaissances sur les effets sur la santé des pesticides, l'Inserm a annoncé avoir conclu à une "présomption forte" de lien entre l'exposition professionnelle à ces produits et deux pathologies graves supplémentaires chez les agriculteurs : les troubles cognitifs et une maladie respiratoire évolutive, la BPCO.

 

" L'objectif est d'aider les décideurs politiques ", a expliqué l'un des responsables de l'Inserm, Laurent Fleury, lors d'une visioconférence.

 

La liste des griefs à l'encontre des pesticides s'allonge. Un groupe de chercheurs pluridisciplinaires de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) annonce avoir conclu à une "présomption forte" de lien entre l'exposition professionnelle à ces produits et deux pathologies graves supplémentaires chez les agriculteurs : les troubles cognitifs et une maladie respiratoire évolutive, la BPCO.

 

En 2013, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) avait déjà conclu à une "présomption forte" de lien entre l'exposition professionnelle à certains pesticides et trois types de cancers (cancer de la prostate, lymphomes non hodgkiniens, myélomes multiples), ainsi que la maladie de Parkinson.

 

À la demande de cinq directions générales ministérielles, le groupe de chercheurs a réalisé une réactualisation des connaissances, grâce à l'analyse de plus de 5300 documents. Pour chaque thématique, les experts ont étudié les nouvelles données épidémiologiques disponibles afin d’évaluer s’il y avait une présomption de lien entre l’exposition de différentes populations aux pesticides et la survenue d’une pathologie.

Confirmant la "présomption forte" de lien établi avec les trois types de cancers et la maladie de Parkinson mise en évidence en 2013, l'Inserm donc d'autre part mis en évidence une "présomption forte" entre l'apparition de troubles cognitifs (altération des fonctions cérébrales telles que la mémoire ou le raisonnement, pouvant évoluer vers la démence) chez les agriculteurs et l'utilisation de pesticides, principalement des organophosphorés. "Les études les plus récentes se sont élargies aux riverains de zones agricoles ou à la population générale et ont permis de conclure à une présomption moyenne" pour ces populations, ajoutent par ailleurs les experts dans un communiqué.

 

Un lien qui pourrait être tout aussi important a été fait avec la bronchopneumopathie chronique obstructive/bronchite chronique (BCPO). Sur 17 pesticides analysés, 11 sont associés à au moins deux effets toxicologiques parmi les trois étudiés (le stress oxydant, la mitotoxicité, c'est-à-dire la toxicité pour les mitochondries, les structures qui permettent la respiration des cellules, et l'action sur le système immunitaire).

"La confirmation et la mise en évidence de présomptions fortes de liens entre certaines pathologies et l’exposition aux pesticides doit inciter à une meilleure prise en compte de ces enjeux par les autorités", concluent les auteurs de cette synthèse.

 

BPCO et pollution

BPCO et pollution

La pollution atmosphérique a des conséquences en matière de santé publique. En particulier chez les patients souffrant de BPCO. Une nouvelle preuve de cet impact : des hausses de consultations et d’hospitalisations dans cette population en cas de pic de pollution.

 

Les pics de pollution atmosphérique sont néfastes pour la santé. Mais à quel point ces épisodes de forte concentration en particules fines (PM10, PM2.5), de dioxyde d’azote et d’ozone impactent-ils la santé des personnes fragiles ?

Pour en savoir plus, le CHU Amiens-Picardie et l’Observatoire de l’Air (ATMO) des Hauts-de-France ont mené l’étude PolluBPCO auprès de patients atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) à Amiens.

Les chercheurs ont analysé les données de 168 patients qui ont consulté 240 fois au CHU Amiens-Picardie ou à la Clinique de l’Europe (Amiens) pour exacerbations de BPCO entre le 1er janvier et le 31 décembre 2017. La plupart vivait en milieu péri-urbain, ils étaient âgés en moyenne de 69,2 ans et souffraient d’une BPCO à un stade avancé.

Des exacerbations en hiver et en été

« Parmi ces 168 patients, près d’un quart ont fait 2 exacerbations ou plus. A noter que 2 patients ont eu 7 passages et un patient 12 passages », ont constaté les chercheurs. Lesquels ont par ailleurs mis ces exacerbations en perspective avec les analyses sur la qualité de l’air sur cette période. Leur constat est sans ambiguïté : des pics de consultations aux urgences et/ou d’hospitalisations ont été constatés suite à des pics de pollution.

Dans le détail, « en hiver, les hausses des consultations ont eu lieu entre 3 et 5 jours après le début de l’épisode de pollution aux particules PM10 et en lien également avec la grippe », notent les scientifiques.

« En été, la canicule a eu une incidence sur le pic de consultations observé, concomitant à un pic d’ozone. »

 

BPCO d'origine professionnelle

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Les principales substances associées à un risque accru de BPCO sont la silice, les poussières de charbon, les poussières végétales et de moisissures. 

Activités professionnelles et risque de BPCO - liste non exhaustive des principaux métiers concernés :

  • Secteur minier :

Exposition à la silice. Travaux au fond des mines de charbon. Travaux au fond des mines de fer - Inhalation de poussières ou fumées d’oxyde de fer.

  • Bâtiment et travaux publics :

Creusement des tunnels. Asphaltage des routes. Autres BTP avec exposition chronique et/ou à des niveaux excessifs de gaz-poussières-vapeurs.

  • Fonderie et sidérurgie :

Expositions à plusieurs particules minérales (poussières métalliques, charbon, silice). Exposition à des gaz ou des fumées (émissions des fours, fumées métalliques, oxyde de soufre ou d’azote).

  • Industrie textile :

Employés de filature de coton, lin, chanvre, sisal.

  • Métiers agricoles :

Métiers concernés par l’utilisation de produits type pesticides. Milieu céréalier : ouvriers des silos, dockers, employés de meunerie. Production laitière. Élevage de porcs. Élevage de volailles.

Activités professionnelles avec risque possible de BPCO :

Travailleurs du bois : menuiserie, ébénisterie, scierie. Soudage. Cimenterie. Usinage et transformation des métaux. Exposition aux émissions diesel.

La prise en charge au titre d’une maladie professionnelle peut-être réalisée. Pour les autres secteurs à risque de BPCO n’étant pas répertoriée ci-dessus, il est possible de demander la reconnaissance en maladie professionnelle par le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) mais à condition que le taux d’incapacité permanente partielle consécutif soit supérieur à 25%.

 

BPCO et polluants industriels