Comprendre la BPCO :

BPCO et dénutrition 

Parmi les patients souffrant d’une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), 40 % de ceux qui perdent du poids meurent dans un délai de cinq ans. La dénutrition s’explique par des apports alimentaires diminués et surtout par l’augmentation de la dépense énergétique de repos. La perte de poids reste difficilement réversible malgré des mesures complémentaires à la suralimentation : hormone de croissance, stéroïdes anabolisants et exercice physique modéré.

Dans les pays industrialisés, 25% à 60% des sujets qui souffrent d’une BPCO ont un poids corporel inférieur à 90% du poids idéal théorique ou une perte de 5-10 % du poids corporel initial. Cette perte de poids est associée à un mauvais pronostic. Plus de 40% des patients qui perdent du poids meurent dans un délai de 5 ans et à poids moyen initial identique, la survie à 5 ans est deux fois moindre chez les sujets qui perdent du poids que chez ceux dont le poids est stable. La perte de poids est un facteur pronostique indépendant de la valeur du volume expiratoire maximum par seconde (VEMS). La baisse de poids corporel explique en partie l’état d’épuisement rapporté par certains patients qui souffrent de BPCO.

Apports alimentaires insuffisants ?
Les apports alimentaires diminuent dans les BPCO. Manger et déglutir majorent la dyspnée et la désaturation artérielle en oxygène, notamment lors des poussées évolutives.

Le patient dénutri atteint d’une BPCO n’est pas en état catabolique. En théorie une supplémentation énergétique devrait donc conduire à un gain de poids. Les résultats d’études contrôlées ont montré que des apports énergétiques très importants, difficiles à obtenir en pratique, sont nécessaires pour obtenir un gain de poids. Lorsque la suralimentation cesse, l’amaigrissement est rapide ainsi que la diminution de la force musculaire respiratoire.

Les mécanismes de la dénutrition lors de l’évolution des BPCO sont multiples. La prise alimentaire est insuffisante surtout chez les sujets dyspnéiques. Alors que les apports alimentaires restent insuffisants, l’augmentation de la dépense énergétique de repos, à laquelle il faut ajouter une diminution de la synthèse des protéines est la cause essentielle de la dénutrition.

 

La perte de poids dans les BPCO est difficilement réversible et constitue un facteur pronostique péjoratif de premier plan.