Comprendre la BPCO :

Année 1808, découverte de la BPCO à Londres par Charles Badham

Nous sommes en 1808 et un médecin de Londres, en Angleterre, Charles Badham, FRS (17 avril 1780 – 10 novembre 1845), va décrire un relativement fréquent type de pathologie dont il va créer le nom sous forme du terme la bronchite. Cette maladie pulmonaire sera ensuite répertoriée par René Laennec, un médecin français. Cependant, Charles Badham va être le premier à différencier la bronchite de la pleurésie et de la pneumonie à travers les essais qu’il a écrits en 1808 (Badham, C. (1808) Observations on the Inflammatory of the Mucous Membrane of the Bronchite ; London).

La « maladie britannique » = la  bronchite :

Dès les années 1950, un nouvel intérêt fut apporté à la bronchite et celui-ci va alors largement se développer. En fait, on va tout d’abord parler de cette maladie comme étant la « maladie britannique » parce qu’elle est la cause commune de décès et d’invalidité en Grande-Bretagne. Plus tard, le terme de bronchite chronique et celui d’emphysème seront souvent associés. Ainsi les travaux de NEVILLE C. OSWALD permirent une approche spécifique de cette maladie en recherchant précisément les facteurs pathogènes susceptibles de provoquer une telle pathologie. On va en étudier les aspects bactériologiques. Puis investir dans la thérapie médicamenteuse permettant de lutter le plus efficacement possible contre cette bronchite. Il est alors apparu que certains patients étaient en fait souvent des fumeurs et l’on va tenter alors de dresser une description précise de l’aspect clinique de cette pathologie avec ses facteurs étiologiques.

La Bronchite Chronique :

Courant des années 1950 il va être tenté d’établir ce qui va mieux définir la bronchite chronique. Dans l’état actuel des connaissances, les causes de la bronchite ne sont pas évidentes. L’âge de l’apparition des symptômes est extrêmement variable. Environ 15% des patients sont atteints dès le début de la première décennie de leur vie, après quoi on observe une baisse de la fréquence de la pathologie chez les adolescents. Les autres personnes atteintes commencent à présenter des symptômes plus ou moins fréquemment à partir de l’âge de 30 ans. L’allergie suit à peu près le même schéma que chez les plus jeunes, mais tend à diminuer après l’âge de quarante ans, période à laquelle la plupart des bronchites commencent à devenir handicapantes. Cela suggère que l’allergie peut contribuer à la bronchite au début de la vie, mais que des facteurs tels que les changements dégénératifs, les infections récurrentes et la pollution de l’air deviennent dominants. La pollution de l’air contribue presque certainement de manière significative à l’apparition de la bronchite chronique, bien que des preuves totalement satisfaisantes pour les statisticiens ne soient pas encore disponibles. Cependant, les taux de morbidité et de mortalité sont presque deux fois plus élevés dans les secteurs industriels de Grande-Bretagne que dans les districts ruraux. Les aléas du climat anglais ne sont apparemment pas responsables de l’initiation de la bronchite, mais ils peuvent provoquer une aggravation considérable des symptômes une fois la bronchite établie, surtout si elle est associée à la pollution atmosphérique.

Puis dans les années 1960, c’est alors un suivi d’abord sur les 5 années passées puis sur 10 ans qui va concerner 327 fonctionnaires atteints de bronchite (301 hommes et 26 femmes). Plus de la moitié (54%) des hommes sont décédés au cours de la période de 10 ans, environ 57% des décès étant attribués à des causes respiratoires et 8% associés à des carcinomes des bronches. La mortalité due à ces maladies était plus élevée que dans la population générale, mais les autres causes de décès avaient un profil normal. Les connaissances sur cette pathologie s’affinent et l’accent est mis sur la recherche d’un traitement efficace. Il s’agit principalement de mettre en place une prise en charge standard de ces patients et de tenter l’approche avec divers traitement impliquant l’utilisation d’antibiotiques.

La bronchopneumopathie chronique obstructive

Les travaux se poursuivent dans les années 1970, et une étude épidémiologique sur les prospectives des premiers stades du développement de cette pathologie baptisée « la bronchopneumopathie chronique obstructive » est alors réalisée chez des travailleurs de Londres.  Les résultats montrent chez ces patients que le volume expiratoire forcé (FEV1) tombe progressivement au cours de la vie, chez la plupart des individus.

Seulement courant des années 70, il est finalement démontré que le tabagisme entraîne des changements obstructifs irréversibles. En effet même si un fumeur est candidat à cesser de fumer, il ne se rétablira pas sa fonction pulmonaire. Par conséquent, grave ou fatale, la bronchopathie pulmonaire obstructive pourrait être évitée par le dépistage de la fonction pulmonaire chez les jeunes fumeurs si pour ceux avec une fonction respiratoire réduite, il était enfin recommandé d’arrêter de fumer.